Hommage à Sanfourche pour son œuvre merveilleuse et reconnue dans le monde entier.
Né à Bordeaux en 1929, Jean-Joseph Sanfourche commence la peinture à l'âge de six ans, initié par son père. Il passe une bonne partie de son enfance à Rochefort, et vient se cacher avec sa mère à Limoges en 1940 après que son père, résistant, eut été fusillé. Il gardera d'ailleurs toute sa vie les séquelles de cette guerre.
Après avoir débuté sa carrière à Paris, c'est finalement en Limousin qu'il s'installe en 1975, d'abord à Solignac puis à Saint-Léonard de Noblat pour ne plus jamais quitter sa région d'adoption et de cœur, qu'il aimait profondément, trouvant son inspiration dans la nature, la terre et les êtres humains.
C'était un artiste polyvalent qui sculptait, peignait, dessinait, réalisait des émaux, des totems. Il travaillait aussi sur des matériaux insolites comme par exemple des silex ou des os humains.

Voici un extrait du dernier texte de Sanfourche qui présentait l'exposition de ses 45 dernières œuvres à la galerie Artset à Limoges :
"Il y 50 ans environ, je ramassais un morceau de poutre de 15 ans et réalisais avec plâtre, coquilles d'œufs, peintures, une œuvre que je retrouve aujourd'hui dans la gazette Drouot comme figure de la société Pierre Cardin.
A l'époque, l'art brut ne concernait que quelques personnes guidées par J. Dubuffet, mon ami. Je faisais partie de ce groupe de créateurs misérables, dépourvus de tout, sauf de certitudes en l'avenir d'un art dont ils étaient les pionniers. Parmi eux, Chaissac. A la fois hors et dans le commerce des œuvres d'art, les insultes étaient notre rémunération.
Après 50 ans d'un acharnement sans relâche, nos œuvres occupent les musées, les grandes collections, les médias, mais pour ce qui me concerne, je me trouve dans l'obligation de revenir à mes sources, malgré mes 81 ans je n'ai pas perdu le goût de manier le pinceau. Depuis un an, je suis confronté à l'agression d'une maladie qui m'interdit de quitter ma chambre. Et dans ces 15 m², je retrouve l'art brut parce qu'il est essentiel, le besoin de créer avec ce que je peux me procurer comme matériel. Plus exactement, en utilisant un matériel que je n'ai jamais envisagé d'utiliser.
Le résultat est sous vos yeux. Il est ce qu'il est. J'ai réalisé ces œuvres avec amour. J'espère que vous le trouverez dans chacun de ces tableaux. Bonne visite."
Il est décédé le 13 mars 2010.
Paix à son âme !